Les galères administratives
Partir vivre à l’étranger c’est aussi rentrer dans le monde merveilleux de l’administration. Et parce qu’un Erasmus n’est pas fait que de choses positives, je vais vous raconter en détails toutes mes galères avec l’administratif.
Par où commencer ? Ah oui, le NIE (Numéro d’Identité de l’Étranger) aussi appelé le « St Graal de tout expatrié en Espagne ». Pour obtenir ce numéro, dont on a besoin pour énormément de choses ici (pour moi l’objectif était d’ouvrir un compte bancaire espagnol afin d’avoir du Wi-Fi dans mon appart) la procédure est a priori très simple (retenez bien le A PRIORI), il faut remplir un document avec nos informations, payer les frais d’administration et se rendre au commissariat d’immigration. C’est là que ça se complique. Pour ce faire il faut d’abord obtenir un RDV à ce commissariat et c’est littéralement la chose la plus difficile du monde (les fonctions en maths c’est rien à côté, je vous assure). J’ai essayé pendant des semaines sans jamais réussir à avoir le moindre RDV, jusqu’à ce que j’aille lire les commentaires sur le commissariat dans google maps où les gens expliquaient qu’il fallait prendre RDV le vendredi à 9h30. C’est donc ce que j’ai fait, et ça a fonctionné ! Alléluia ! Il ne me restait plus qu’à payer la taxe dans une banque. Ça aussi ça a été une aventure, parce que mon numéro de carte d’identité n’était pas accepté par la machine, j’ai donc mis mon numéro de passeport (merci le Brexit, si je n’étais pas partie à Londres en Avril je n’aurais pas eu de passeport, puisque la carte d’identité suffit en UE, chose que le banquier n’avait pas bien l’air de comprendre quand j’essayais de lui expliquer) et j’ai enfin pu aller récupérer mon NIE au commissariat ! Le policier était très gentil d’ailleurs, et il parlait français (soulignons quand-même le positif).
Deuxième galère à laquelle sera confronté tout étudiant.e Erasmus: l’obtention du certificat d’arrivée signé par l’université d’accueil. Parce que la bourse Erasmus c’est génial, mais pour la recevoir il faut prouver qu’on est bien arrivé dans le pays et donc faire signer un certificat d’arrivée par le service des relations internationales de l’université dans laquelle on s’apprête à faire notre Erasmus. Lors des réunions de rentrée ils nous ont expliqué comment le mettre sur une plateforme en ligne pour qu’ils nous le renvoient signé. Pour moi ça a fonctionné, j’ai mis un peu de temps à le recevoir, mais rien de bien grave. En revanche, pour Manon (mon acolyte d’aventure) et pour beaucoup d’autres personnes, la plateforme Internet ne fonctionnait pas et il leur a fallu envoyer des tonnes de mails et passer des coups de téléphone pour obtenir ce fameux certificat (et recevoir les soouuus).
3ème galère, et pas des moindres, faire son contrat d’études et son emploi du temps. Le contrat d’étude (ou learning agreement) c’est un document qui liste les matières que l’on aurait eu en France et celles qui vont les remplacer dans notre université d’accueil. Notre professeure coordinatrice en France a organisé une réunion pour nous expliquer comment remplir ce document, nous avons ensuite cherché les matières que l’on pouvait prendre et l’avons fait valider par la France puis par l’Espagne. Une fois envoyé en Espagne, notre coordinatrice espagnole nous a conseillé de changer certaines matières car elle avait peur qu’elles soient trop compliquées pour nous, donc on a fait quelques petites modifications avant d’avoir notre contrat définitif. Enfin, définitif… c’est ce qu’on pensait, mais c’était loin d’être le cas ! Parce qu’une fois arrivées en Espagne il nous a fallu faire notre emploi du temps. Et autant vous dire que faire coïncider des matières de 4 filières différentes et de 1ère, 2ème, 3ème et même 4ème année (parce que, oui, on peut prendre des matières de n’importe quel niveau, et ça c’est chouette en vrai) c’est un énorme casse-tête ! Donc on a évidemment dû changer certaines matières parce qu’elles étaient à la même heure, mais nous n’étions pas encore au bout de nos peine, puisque comme les Erasmus s’inscrivent dans les groupes une semaine après les espagnol.e.s, il n’y a plus de place et le secrétariat ne veut pas nous inscrire dans les cours dont on a besoin. Pour remédier à ce problème, certains de nos professeurs ont été très gentils en nous autorisant à être inscrites dans un groupe et à assister aux cours d’un autre groupe, mais pour d’autres matières ça a été plus compliqué. Par exemple pour le deuxième semestre on voulait prendre un cours d’histoire de l’Amérique pour remplacer notre cours de civilisation Hispano-américaine, et le groupe qu’on voulait était plein, donc ils nous proposaient soit le même cours mais en Valencien (une langue que l’on ne parle pas…) soit un cours d’histoire des États-Unis (donc pas très utile puisque ça n’inclut pas l’Amérique Latine). On a finit par laisser tomber l’histoire et prendre un cours de langue sur l’espagnol d’Amérique. 😆
4ème (et je l’espère dernière) galère: le forfait téléphonique. Avant de partir j’avais vérifié que mon forfait était valable en Espagne. C’était le cas. J’avais 15Go d’Internet et appels et SMS illimités dans tous les pays européens. Et puis un matin j’ai reçu ce message: « Info SFR : Bonjour, au cours des 4 derniers mois, vous avez consommé plus d Internet mobile et séjourné plus de jours dans l’Union Européenne et les DOM qu’en France métropolitaine. Selon le règlement européen, ces usages sont « non raisonnables ». Nous vous invitons pendant les 15 jours qui viennent, à retrouver un usage raisonnable de votre forfait, afin que vos futurs usages d’Internet mobile depuis l’UE et les DOM ne soient pas facturés de frais supplémentaires (0,0023€/Mo). Bien à vous. » Donc oui, mon forfait était utilisable à l’étranger mais seulement si je n’en abusais pas et c’est bien sûr le genre d’information qu’il faut aller chercher très loin dans le contrat. Bon, la solution était simple, je peux mettre deux cartes SIM dans mon téléphone, donc j’ai pris un forfait espagnol, mais je garde quand-même ma carte SIM française et donc mon numéro. Et pour souscrire à un forfait espagnol j’étais bien contente d’avoir mon NIE et mon compte bancaire espagnol, parce que j’en avais évidemment besoin.
Voilà pour ce qui est de mes petites mésaventures. J’espère que ça pourra aider de futurs Erasmus à savoir à quoi s’attendre. Et si tout va bien je n’aurai pas besoin de mettre cet article à jour. Croisez les doigts pour moi !
